La situation financière du Département s’est un peu redressée depuis 2015, elle n’en reste pas moins préoccupante. Avec une capacité d’investissement par habitant parmis les plus faibles de France, nous calons au fond de la classe, avec une collectivité quasi à l’arrêt depuis 4 ans. Nous perdons du terrain : nos collèges se dégradent là où la Loire-Atlantique inaugure 2 nouveaux établissements chaque année. L’investissement dans de nouvelles infrastructures modernes est presque stoppé tandis que l’écart avec nos voisins en matière de prise en charge de nos aînés, concitoyens handicapés et en exclusion demeure de plus en plus fort… et pas à notre avantage.

Le poids du passé, du passif, est là. Majorité et opposition partage ce constat, faisant de la priorité au désendettement une convergence réelle. Depuis le début du mandat, nous avons demandé en urgence la cession des actifs non stratégiques (bâtiments, filiales relevant désormais des compétences intercommunales ou de la Région,…). Cela a été fait avec un peu de retard, mais aujourd’hui plusieurs millions d’euros sont rentrés dans les caisses, permettant d’amortir l’impact de la charge de la dette. Mais nous ne pouvons nous contenter de rembourser (à petits pas) jusqu’en 2060 (puisque notre dette est très récente, à peine 10 ans) en obérant l’avenir.

Avec les associations et les collectivités, il faut travailler différemment

Il faut préparer demain. Alors que les dépenses de fonctionnement sont parmi les plus faibles de France, et si nous refusons d’augmenter les impôts (qui ont connu des hausses de taux de près de 50% depuis 2004), alors il faut changer de logiciel, il n’y a pas d’autres choix. Comment répondre aux besoins demain ?

–        En repensant les liens entre collectivités. Aujourd’hui, tout avance à vitesse d’escargot, comme s’il n’y avait pas d’urgence ! Le débat sur la métropole angevine doit être envisagée en transparence et avec ambition : routes, collèges,… tout doit être clairement mis sur la table pour dégager de nouvelles marges de manœuvres, pour agir plus efficacement.

De même, alors que le débat a été ouvert sur la fusion des Conseils départementaux… il apparaît déjà comme refermé. La mutualisation départementale cale à moins de 2M€ pour un budget de plus de 600M€ ! Il faut sérieusement ouvrir ce chantier, avec une véritable vision du développement de notre Département. Les opinions seront diverses, mais n’ayons pas peur !

–        En construisant de véritables liens de travail avec les forces vives d’Anjou, notamment les associations. De ce point de vue, si nous avons proposé la mise en place d’appels à projet quand il s’agit d’innover et mettre en avant des idées nouvelles, nous les condamnons fermement lorsqu’ils deviennent mode de gestion. Ainsi, pour la protection de l’enfance (budget : 100M€) nous assistons à un formidable fiasco. C’est au politique de piloter les évolutions. Là, c’est l’administratif qui a pris le dessus. Au final, nous voyons des enfants déjà en difficulté dans la vie sans perspective claire, des plans de licenciement dans les associations historiques et parallèlement des structures nouvelles qui peinent à recruter.

Comme nous l’avions dit, cela va coûter plusieurs millions d’euros à la collectivité, donc au contribuable,… alors que ce Département reste surendetté !!!

Il faut refonder le rapport aux associations. Aujourd’hui, comme sur les schémas autonomie et insertion, de beaux documents sont votés… sans fiches actions avec budgets assortis. Les annonces à la presse sont belles, mais sur le terrain, ça ne bouge pas. Ainsi, l’APA pour les aînés demeure sur un ratio 60% en établissement et 40% à domicile là où il faudrait faire l’inverse. Pour faire évoluer les choses, nous devons agir dans le dialogue et la construction commune avec les acteurs de terrain. Au XXIè siècle, l’approche du département guichet doit avoir vécu.

Bref, au-delà des annonces et orientations (pour lesquelles nous savons dépasser les clivages stériles), il y a l’action. Compte tenu de l’état financier de la collectivité, agir durablement exige que le Département fonctionne différemment, ouvre le débat sans avoir peur.