Dans le cadre de sa politique enfance jeunesse, quelles sont les ambitions éducatives de la ville de Saumur ? En général et pour les collégiens ?

La ville de Saumur labellisée  par l’UNICEF Ville Amie des Enfants met l’éducation au centre des priorités municipales. La co-éducation est privilégiée au vu du travail réalisé au sein de tous les temps périscolaires (garderie périscolaire avant et après la classe, pause méridienne le midi, accueil dans les centres de loisirs). Pour assurer cette continuité éducative notre PEdT (Projet Educatif de Territoire) nous permet de faire le lien avec l’ensemble des acteurs de cette co-éduction dont l’Education Nationale. Pour les jeunes collégiens, la période de l’adolescence est et restera une période complexe pour le jeune en construction auquel cas les activités sportives et culturelles proposées par la Ville, l’accompagnement à la mise en place de la Maison des Ados, ainsi que le soutien à la scolarité (Programme de réussite éducative, soutien aux associations de soutien scolaire) sont autant de moyens pour accompagner les jeunes dans leur évolution personnelle.

Christophe Cardet , adjoint Délégué à l 'éducation, l'enfance et la jeunesse

Le Département de Maine-et-Loire, qui exerce la compétence « gestion des collèges », a engagé une étude de refonte de la sectorisation des collèges en 2017. Comment la ville a-t-elle été associée ?

La Ville a été informée au printemps 2018 qu’une réunion de restitution de l’étude du Conseil départemental sur la sectorisation des collèges allait avoir lieu. Le Maire de la Ville a été informé le matin pour une réunion programmée l’après midi. La Ville et ses services n’ont pas été contactés en amont de cette réunion de restitution pour échanger techniquement sur le sujet.

Pour Saumur, la question était notamment d’ajuster le nombre d’établissements par rapport au nombre de collégiens. Quel était le positionnement de la ville ? Quelles ont été vos propositions d’adaptation de la carte de secteur ?

La réunion de restitution de l’étude au printemps indiquait une vacance structurelle de 500 places dans les collèges de la Ville et le raccourci qu’il y avait un collège de trop a vite été annoncé par les représentants du Département. Avec comme fil conducteur l’intérêt de l’enfant, nous avons donc travaillé au niveau de la Ville durant l’été 2018 pour faire une proposition afin de réduire le nombre de places libres structurellement dans les collèges de Saumur et diminuer les coûts de fonctionnement du Département. Nos propositions d’adaptation ont été les suivantes :

  • intégration du cycle 3 de l’école des Recollets dans les murs du collège Yolande  d’Anjou
  • rapprochement de l’école élémentaire C. Perrault dans un espace libre du collège Pierre Mendès France

De ce fait par notre proposition, nous prenions en charge 200 places structurellement non utilisées au sein des collèges de la Ville de Saumur.

Finalement, la majorité départementale a décidé de fermer le collège public Y. d’Anjou, d’orienter ses collégiens vers le collège B. Delessert et de transférer la SEGPA du collège B. Delessert vers le collège H. de Balzac. Quelles sont les conséquences de cette décision pour le territoire saumurois et pour le projet éducatif de la ville ?

La fermeture de Yolande d’Anjou en plein Centre de Saumur est un coup dur pour la Ville de Saumur qui n’a de cesse depuis 2014 d’améliorer l’attractivité du Cœur de Ville. Collège situé au sein de la cité scolaire Duplessis Mornay-Yolande d’Anjou, un certain nombre de locaux (restauration scolaire, salle de sport du collège) et personnel d’entretien sont mutualisés avec la Région. Quid de ce type de mutualisation en l’absence du collège?

Les enfants qui habitent les Hauts Quartiers dans le cas de la suppression de Yolande d’Anjou devront payer un transport pour se rendre à Delessert et déjeuner le midi sur place au vu de la distance entre ces différents quartiers de la Ville. La SEGPA de Delessert déplacée à Honoré de Balzac pour laisser place aux collégiens de Yolande d’Anjou; là encore la perte de repère et la différence des enseignements proposés à H. de Balzac sont des points d’inquiétude pour la Ville et les familles touchées par cet effet domino. La fermeture d’un collège est une lame de fond qui crée une juste colère des parents, des équipes éducatives avec une Ville de Saumur qui payera les pots cassés au final. C’est un très mauvais signal envoyé à la jeunesse saumuroise par les personnes qui ont en main la gestion des politiques éducatives.

Comment vous préparez-vous à la mise en œuvre de la fusion des deux collèges en septembre 2019 ?

La Ville n’a pas la responsabilité des collèges, le Département a fait le choix de fermer Yolande d’Anjou, nous attendons de sa part qu’il assume sa responsabilité car la rentrée scolaire 2019-20 va arriver à  grands pas. La Ville de Saumur est à l’écoute des familles, des jeunes pour qu’être collégien en Saumurois ne soit pas un handicap voire un traumatisme, du fait du choix de la majorité départementale de fermer un collège à Saumur.