L’accès à la culture est un enjeu pour lequel le Département de Maine-et-Loire développe des actions à destination des collégiens et de tous les publics. La collectivité noue également des partenariats avec les structures culturelles locales. L’assemblée départementale a notamment adopté, en juin dernier, le schéma d’enseignement artistique afin de structurer l’accompagnement des écoles de musique.

Nous avons formulé des propositions pour améliorer ce schéma car il n’est pas abouti. Aujourd’hui, nous poursuivons les échanges autour de 4 points :

1_Nous parlons du Schéma Départemental d’Enseignement Artistique, or les structures avec lesquelles nous conventionnons ne sont que des écoles de musique et encore, pas toutes les écoles. Les écoles de danse, de théâtre sont les grandes absentes. La réflexion ne va pas assez loin sur ce sujet et nous voyons mal comment ce schéma s’intègre avec les parcours éducatifs que nous mettons en place auprès des équipes enseignantes des collèges. Plus de lien entre ces deux dispositifs donnerait plus de cohérence à une offre éducative globale.

2_ Ce schéma renforce malheureusement les inégalités territoriales. Alors que les territoires ont une histoire différente, la majorité départementale souhaite dupliquer un unique schéma sur chacune des intercommunalités (en l’occurrence, le fonctionnement du segréen et du saumurois). Mais Angers-Loire-Métropole, les Mauges et Loire-Layon-Aubance ont un fonctionnement multi-structures. A ce niveau, nous aurions pu faire preuve d’innovation et contractualiser avec certaines intercommunalités qui ont pris la compétence « accompagnement de l’enseignement artistique ».

Autre inégalité, la mise en place de pôles territoriaux dont les missions restent floues et qui bénéficient pourtant d’une bonification de subvention de 8 500 €/an. Pareille inégalité est plutôt ressentie comme de la concurrence entre les communes : pourquoi le SIAM serait-il pôle territorial plutôt que le CRRR ou l’école H. Dutilleux sur Angers-Loire-Métropole ? Pourquoi Accor Dance en 2LA, sur le territoire Loire-Layon-Aubance, alors que cette école intervient sur deux intercommunalités différentes ?

école de musique, schéma départemental d'éductation artistique

3_ Nouveau mode de subvention : les critères d’attribution ont été revus. Désormais, la subvention sera versée en une part fonctionnement et une part sur projet. Pourquoi pas ? Mais nous voyons bien que cela a un impact non négligeable pour certaines structures. Nous avons demandé l’instauration d’une année de transition pour faire face à cette décision, ce qui a été refusé. Or, les structures ont voté leur budget avec les règles de l’ancien schéma. Aujourd’hui, les données changent et vont mettre à mal certaines structures (comme l’école H. Dutilleux dont la subvention diminuera de 42%) qui devront faire appel soit aux communes, soit aux usagers.

Concernant la subvention sur projets, l’appel à projets n’est accessible qu’aux structures inscrites dans le schéma (c’est-à-dire les écoles de musique répondant à des critères de professionnalisation). Bien d’autres structures d’enseignement artistique développent pourtant des projets structurants pour les territoires, en Maine-et-Loire. D’ailleurs, nous pourrions réfléchir au rapprochement de cet appel à projets avec le dispositif des conventions d’animation et de développement culturel, de façon à offrir une offre plus cohérente et à soutenir les initiatives locales.

 

4_ Budget spécifique pour 4 structures : le conservatoire, la galerie sonore, la Maîtrise des Pays de la Loire et l’école des arts du cirque La carrière bénéficient d’une subvention, sans s’inscrire dans les critères cités ci-dessus. Nous interrogeons la pertinence de ces financements :

  • Le conservatoire est doté d’un important budget et la subvention du Département n’en représente que 0.8%. Cette participation ne pourrait-elle pas faire l’objet d’une contrepartie, notamment en intégrant le conservatoire dans le maillage en école de musique de l’agglomération angevine ?
  • La galerie sonore et La carrière pourraient développer des parcours éducatifs et ainsi intégrer un projet éducatif global.
  • Quand à la maîtrise des Pays de la Loire, il existe une autre école CHAM au collège Montaigne (Classe à Horaires Aménagés Musique), pourquoi ne soutenir qu’un seul collège (La cathédrale) ?