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Intervention d’Aline DUPUY, membre du conseil des sages de Trélazé

Intervention de Luc BROUSSY, expert du vieillissement (auteur d’un rapport interministériel sur l’adaptation de la société au vieillissement, en 2013), membre du comité d’orientation de la loi « Grand âge et autonomie » et président de la Silver économie

LES ENJEUX

Une population vieillissante      

Un risque dépendance à court terme

La polypathologie

À partir de 75 ans, la présence simultanée d’au moins 2 maladies chroniques touche 70% des personnes

« 90% des personnes de plus de 75 ans souffrent d’un trouble de santé. Cela n’empêche pas l’autonomie mais appelle à la vigilance et à

Le Logement

90 % des Français préfèrent adapter leur domicile plutôt que d’avoir à le quitter si leur état de santé se dégrade

« Le nombre d’établissements est très important en Maine-et-Loire, il faudra trouver d’autres alternatives pour vieillir dans un logement adapté »

Le financement

« Pour les EHPAD, le financement soins, santé, hébergement est coordonné, ce travail reste à mener pour le domicile »

Préserver l’autonomie et la place de la personne âgée dans la société

À partir de 60 ans l’isolement des personnes s’accentue :

6% sont isolées des cercles amicaux et familiaux, soit 900 000 personnes

80% des personnes de plus de 85 ans restent en capacité de vivre à domicile

MAIS, dès 60 ans :

22% des personnes sont isolées du cercle familial,

28 % sont isolées du cercle amical,

21% sont isolées du cercle voisinage

55% sont isolées des réseaux associatifs

« Face à l’isolement, il faut repenser le vieillissement à l’échelle de la ville : les services sociaux et les familles ne doivent plus être les seuls concernés »


Face à cela nos objectifs, en tant que conseillers départementaux :

1 – informer des dispositifs et les améliorer

2 – préparer le déploiement de schémas gérontologiques dans chaque commune


LES INTERVENTIONS

Madame Aline DUPUY, responsable du groupe sport et santé du conseil des sages de Trélazé

Conseil des sages de Trélazé – action sport et santé

Le conseil des sages est une instance consultative qui existe depuis plus de 20 ans, à Trélazé. En sont membres des habitants, de plus de 55 ans, élus.

Le conseil des sages conçoit des services à l’attention des retraités (isolement, numérique, mobilités…).

Suite à la soirée organisée par les conseillers départementaux, en 2018, sur la thématique sport et santé, le conseil des Sages s’est mobilisé sur le sujet.

En lien avec la ville de Trélazé, et dans le cadre de la conférence des financeurs, le conseil des sages organise une journée pour sensibiliser les trélazéens à l’activité sportive (Remmedia 49, ligue contre le cancer, sport pour tous…). Initiations, démonstrations, mini-conférences, conseils nutritionnels, balade organisée par la retraite sportive…

Cette journée ( 8 septembre 2019) sera vraisemblablement cofinancée par le Département de Maine-et-Loire et lancera les actions de prévention du vieillissement de 2019-2020 (Qi-gong, nutrition, bien-être, marche…).

Monsieur Luc BROUSSY, membre du comité d’orientation de la loi «  Grand âge et autonomie », président de la filière Silver économie

Projet de loi Grand âge et autonomie

Fin mars, 175 propositions ont été remises au gouvernement, dans le rapport Libault, pour engager une réforme d’accompagnement du vieillissement.

« Trop souvent la question du vieillissement apparait comme un problème, un coût. Mais, en 2019, en France, on vit en moyenne 82 ans (49 ans, en 1900). Aujourd’hui, il y a des pays où la moyenne de vie n’est que de 51 ans. Le vieillissement est un privilège, et une chance pour notre Pays !

La façon dont on va vieillir évolue. La génération des 60-70 ans sera, elle, confrontée à la dépendance, à partir de 2030. C’est cette génération qu’il faut préparer. Et celle-ci ne vivra pas sa vieillesse comme l’ont vécu leurs parents. Cette génération aura envie d’autonomie »

Monsieur Luc Broussy

On peut distinguer 3 catégories de seniors, aujourd’hui :

Les valides : ces seniors sont les plus nombreux (15M de retraités en France). Ils n’ont pas de demande vis-à-vis des pouvoirs publics, mais ils doivent être vigilants à l’isolement social (le plus grand nombre de personnes isolées se trouvent en ville) et prévenir leur perte d’autonomie (santé, capacité à conduire..)

Les fragiles, physiques ou psychiques : ils demeurent autonomes mais la société doit s’adapter avec bienveillance pour garantir cette autonomie : le logement (9 000 accidents domestiques mortels chaque année), le quartier (la vie sociale d’un senior sans voiture est de 300 à 500m), la commune (devenir une ville des aînés, qui prépare la mobilité et l’accessibilité, qui encourage l’activité physique, l’intergénérationnel), le territoire (le vieillissement n’est pas le même selon les territoires : la France vieillit tout en continuant de croître, mais il y a plusieurs dynamiques démographiques et les politiques publiques doivent se mener différemment selon les territoires.)

La génération qui aura 85 ans en 2030 doit se poser la question de son logement. Qu’est-ce que le « chez soi » ?

Les dépendants : il y en aura de plus en plus, nos services doivent se structurer. Augmenter le nombre de salariés dans les EHPAD et revoir leurs métiers car le personnel n’a pas évolué en cohérence avec les besoins des résidents d’aujourd’hui. En parallèle, il faut consolider les services d’aide à domicile qui sont en grande difficulté : garantie un tarif et des conditions d’emploi attractives.

Il faut développer les formations (entre 150 et 200 000 emplois à créer d’ici 2030).

3 autres questions méritent d’être priorisées :

Les aidants : les enfants qui aident leurs parents sont eux-mêmes des seniors, les conjoints de personnes Alzheimer souffrent fortement. Le temps donné en tant qu’aidants doit trouver son statut. Une négociation sociale peut être mise sur la table (congés pour aidants ?).

L’accès aux services publics d’accompagnement du vieillissement : l’organisation des services varie d’un Département à l’autre. Les professionnels ont développé des réseaux et dispositifs pour se coordonner et améliorer la prise en charge des personnes âgées. Mais il demeure un problème d’accès : « à quelle porte frapper pour avoir de l’aide ? ». Le rapport Libault préconise la mise en place de guichet unique : par la fusion des dispositifs existants (MAIA, CLIC, PAERPA…) au sein d’une Maison des aînés et des aidants départementale, co-pilotée par le Conseil Départemental et l’ARS.

Le financement de cette évolution : la réforme est évaluée à 9 milliards €. Une journée de solidarité ne rapporte que 2,4 Milliards € ; en créer une seconde ne résoudra pas la problématique du financement de la dépendance.

Par contre, la CRDS rapporte 9 Milliards € par an. A partir de 2024, la sécurité sociale sera de nouveau à l’équilibre, cette contribution pourrait donc être fléchée vers le financement de la dépendance.

A savoir également : le secteur privé investit aujourd’hui le champ du vieillissement. Les entreprises peuvent innover et apporter des réponses à des besoins non résolus actuellement (partenariat bienveillant dans le cadre de la silver économie).

Mais avant de définir les financements, il faut s’entendre sur les mesures à financer. Un autre modèle social est peut-être à définir.


Merci à tous de votre participation nombreuse